CRPTRAD

Quand je suis entré en Martinisme, je ne suis pas certain que j'ai compris ce qui m'arrivait. Une histoire d'amour entre un homme et une forme d'initiation a envahi mon existence. Ces liaisons sont dignes de moqueries, mais peut-on ridiculiser une relation affective ?

 Certes, ce que j'aime n'est vraisemblablement ni ce qui est le mieux pour moi ni la meilleure chose du monde. Montaigne disait de son ami La Boétie : parce que c'était lui, parce que c'était moi. Je prétends à cette même relation. Qu'attendrons-nous d'une telle connexion, excepté les bonheurs et les déboires qu'une affection porte avec elle ? Quelles seraient les clés de mon parcours ? Avec un trousseau de clés, si vous n’avez ni la serrure ni la porte, vous possédez de la ferraille ! Avant d'utiliser les clés, vérifions si la porte est ouverte ou fermée ! Les clés trouvent leur raison d’être sur des portes fermées par une serrure. 

Les portes de l'initiation s’ouvrent à ceux qui frappent selon le code. Elles n’emploient pas de clé ! La porte s'ouvre sur un mot de passe, sans longs discours. Dès ma première réunion qui fut une assemblée ouverte aux profanes (nous y étions deux ou trois), je me suis senti chez moi : maison !

                            
                                
                            
                        

Ce que j'étais ou je croyais être, ce que je voulais ou ce que je supposais vouloir, cela était sans d'importance. J'étais « maison » ! Il me fallait prendre possession de mes patrimoines, sans hâte, sans précipitation. Quand les choses vous appartiennent, vous espérez avoir le temps de les utiliser, de les comprendre. Mes premières réunions sont marquées du sceau du bizarre. Mes Martinistes étaient maçons, spirites, prêtres de religions chrétiennes et peu romaines si catholiques, et bien d’autres choses avant d'être, s'ils l'étaient vraiment, des Martinistes. Je m'engageais dans une union avec un nommé Jésus. Le reste était sans importance. Mais c'est à travers eux que je faisais la rencontre d'une élévation « possible », d'une spiritualité qui pouvait s'exprimer. Je marchais vers cette part de moi-même qui m'intéresse, qui me questionne sur l'humaine nature. J’avançais avec ces humains irritants qui m'interpellent sur la réalité de notre monde. J’allais vers cette réalité importante d'un ailleurs qui offre une force de vie et de survie quand le monde des hommes me cogne juste pour m’apprendre à bien me tenir, mais comme lui.

ORIGINES?  

L'Ordre du Temple

Neuf nobles sans fortune auraient créé un Ordre de chevalerie monastique. Ils avaient pour prédécesseurs les chevaliers de Saint Jean de Jérusalem devenus de Rhodes, puis de Malte. Les chevaliers de Saint-Lazare de Jérusalem existaient aussi. Les idées de milice pour la protection des pèlerins étaient anciennes et fréquentes. Leur prestige fut et demeure. Les souverains créèrent des ordres de chevalerie, comme Bonaparte créa la Légion d'honneur. Les plus illustres se nomment l'Ordre de la Toison d'or, l'Ordre de Saint-Michel, l'Ordre de la Jarretière. L'esprit chevaleresque se pratique à titre individuel, même dans les ordres les plus prestigieux. Les templiers ont établi des règles. Ils possèdent des statuts qui seront imités. LE TEMPLE, LES TEMPLIERS, deux mots magiques rappellent la légende. À côté de l'Ordre exotérique aurait existé un Ordre ésotérique ! Martinez met dans ses élus-cohens un chevalier du temple. La maçonnerie prétend un rattachement à l'Ordre du Temple. Si l'Ordre fut interdit au XIVe siècle au royaume de France, il continua à vivre en Flandre pendant au moins 50 ans. Il change son nom dans d'autres royaumes ! L'ordre du Christ du Portugal ! Les biens, hommes et domaines sont transférés à un autre Ordre. La légende veut aussi qu'un « grand maitre » se soit réfugié en Écosse, qu'il ait servi avec ses chevaliers un roi lequel créa avec eux un nouvel Ordre de chevalerie. Le roi d'Écosse n'avait pas obéi à l'interdit du Pape. Pourquoi des chevaliers se seraient-ils réfugiés dans un Ordre artisanal placé sous l'égide de Saint-André ou de l'Ordre du Chardon ? Le chevalier du temple considère que le roi d'un pays n'est que son administrateur ; il est lui-même un rouage de la chrétienté. Le seul chef suprême du templier est le pape. Le Temple fut le maitre d'œuvre de nombreux édifices.

Le Martiniste essaiera à partir des données historiques de comprendre le problème d'un idéal chevaleresque dont le Temple offre une image idéalisée. 

L'Ordre Martiniste

Le Martinisme qui nous intéresse est le système de Saint-Martin tel que ses écrits nous le font découvrir.
Le mot Martinisme recouvre plusieurs sens. 

Les Martinistes sont les membres de l'Ordre Martiniste créé par Gérard Encausse Papus en 1887. Grâce à l'Ordre, les idées spiritualistes gagnèrent pendant quelques années un terrain précieux quand le Matérialisme donnait l'impression d'être sur le point de triompher.
Le Martinisme permet de réaliser des possibilités d'altruisme. Il sauve du doute. Il s'efforce de développer la spiritualité de ses membres. L'exercice du dévouement, l'assistance intellectuelle et la création d'une foi acceptée sont l'affaire des Martinistes. 

L'objectif de l'Ordre Martiniste est la réintégration des êtres. Il vise à reconstituer l'homme esprit par l'évolution de l'homme de désir, à travers l'état de nouvel homme. 

L'enseignement de l'Ordre propose un travail alchimique sur soi respectueux de ses membres et de leurs familles. 

Le Martinisme est une société d'hommes et de femmes de bonne volonté. Ni saints ni êtres en chemin vers la perfection, ils partagent ce qu'ils sont et ce qu'ils voudraient être au sein d'un groupe. L'avoir, les biens, la puissance et la gloire les concernent peu. L'ordre n'impose pas un serment d'obéissance passive. Il ne contraint à aucun dogme. Il permet aux hommes et aux femmes de désir de comprendre les symboles et les rituels. Il encourage celui qui est ardent, mais il détourne le faible. 

Papus invente, en 1887, l'Ordre Martiniste. Il en devient le premier grand maitre, et le suprême conseil de l'Ordre Martiniste se réunit pour la première fois en 1891. Après sa mort, en 1916, le mouvement Martiniste a perdu son unité et une partie de son efficience, quelle que soit la personnalité des « grands maitres » des différents groupements. 
L'impression reste pénible dans les discussions autour de la régularité des successeurs de Papus. 

Saint-Martin meurt en 1803 sans avoir fondé d'ordre. Les initiations se présentent comme se transmettant individuellement sur des critères de valeur et de travail personnel. Il nous laisse un disciple reconnu (Gilbert), des livres, des manuscrits, des amis qu'il aimait conseiller. Gilbert est un homme de bonne volonté, homme d'ordre, mais peu apte à perpétuer matériellement la mouvance, le courant. L'initiation se serait transmise par l'abbé de La Noue, la marquise Amélie de Boisse-Mortemart, Delaage... 

En 1953, le numéro 1 de la revue affirme l'Ordre ouvert aux hommes et aux femmes de bonne volonté. Le groupement initiatique possède une doctrine philosophique et mystique, une méthode de travail à la fois individuelle et de groupe, une ligne d'inspiration sur laquelle chaque intelligence travaille au niveau de ses possibilités. Nous nous formons pour devenir les chevaliers des valeurs spirituelles. Nous devrions manifester l'esprit de compréhension, et l'entraide selon les limites humaines. Le grade de S* I* est le seul grade. Il est accordé aux membres qui s'en montrent dignes. Ce seul grade confèrera le droit et le pouvoir d'initier selon la Tradition. L'ordre comprend pour le reste des adhérents simples, des membres associés et des initiés. La femme est le complémentaire de l'homme, donc son égale. Le Martiniste consent librement à suivre une ligne de conduite qui permettra la réconciliation et la réintégration individuelle et collective du genre humain. 

L'Ordre est fondé par Papus

De nos jours, l'Ordre Martiniste a une forme juridique régie par la loi de 1901 sur les associations à but non lucratif. Il est ouvert aux femmes et aux hommes de bonne volonté. Toutes les candidatures sérieuses sont examinées. L'âge, les connaissances et l'argent sont effacés par les qualités de cœur. Nous exigeons des candidats ce que le bon sens exige de tout individu qui veut vivre dans un groupe. Nos portes sont basses à l'entrée, mais grandes ouvertes pour sortir. Ni secte, ni nouvelle religion, nous nous assemblons pour découvrir les valeurs d'un rite initiatique. Il remonte à Martinez de Pasqually mort en 1774 à Saint-Domingue, à Louis-Claude de Saint-Martin mort en 1803 à Aulnaye, à Papus (Docteur Gérard Encausse) mort en 1916 à Paris. 

Notre initiation se confère en 3 temps forts. Nous formons des Associés, des Associés initiés, des Supérieurs Inconnus. L'Ordre Martiniste est domicilié au 5-7, rue de la Chapelle, 75018 Paris. Son Président Emilio Lorenzo occupait cette charge depuis 1979, date à laquelle le fils de Papus, le Docteur Philippe Encausse, lui a confié sa succession. Il a transmis le maillet de Papus à André Gautier en 2016.

Nos groupes sont composés de personnes venant de tout horizon. Chacun peut trouver une place dans nos assemblées. Nos réunions permettent des prises de conscience qui seraient impossibles à un individu isolé, mais deviennent effectives par un groupement autour d'une tradition initiatique régulière. 

Nous ne vous demandons ni ce que vous croyez ni ce que vous pensez. Nous écoutons ce que dit votre cœur. Nous comprenons comment vous avez été forgé, comment vous vous êtes laissé former ; nous vous offrons des armes pour devenir ce que vous pouvez être.

Votre opinion nous intéresse par la manière dont vous êtes persuadé d'avoir raison. Nous offrons des éclairages personnels, des démarches. Vous devenez apte à vous connaitre vous-même, à comprendre les autres et à accepter, mais libre de refuser. Le travail en groupe est exigeant. Il se déroule selon un rituel précis. Le symbolisme repose sur une tradition chrétienne. La pensée de Louis-Claude de Saint-Martin est accessible. Le symbolisme du rituel est expliqué. Chacun propose ses recherches personnelles. Les questions, les remarques, les commentaires et les échanges sont fraternels donc, respectueux des opinions. 

Nous ouvrons nos cœurs et nos âmes. Nous prions. Tous les participants travaillent les plans du corps, du cœur et de l'esprit. Ils éveillent l'Amour, la Nature Véritable et une Sagesse qui permettent l'Action. D'après Papus, l'étude de la composition de l'homme permet au Supérieur Inconnu de développer en ce monde les divers corps qui le constituent, d'améliorer son Egrégore. Ainsi nous améliorons l'égrégore collectif des groupes, des familles et de la société. Nos travaux ont donc pour objectif d'améliorer l'égrégore de l'univers. L'Ordre est construit par les membres de l'Ordre et par les entités spirituelles qui se dévouent à inspirer nos actions, à améliorer nos possibilités. 

Le rituel permet d'unir les membres visibles de l'Ordre aux membres invisibles.

Société initiatique, le Martinisme répartit les connaissances sur trois degrés : associé, initié, supérieur inconnu. Pour apprendre, le travail nous parait nécessaire d’autant que nul n'apprend à lire, à écrire ou à compter en un jour. La démarche du Martinisme est à la fois universelle (rites, symboles, tradition) et personnelle (le Martiniste n'accepte rien sans l’avoir vécu, compris ou accepté librement. 

Le Martiniste ressent que sa présence est nécessaire dans le temple, pour lui-même et pour les autres. Il désire accéder à la technique d'alchimie spirituelle que l'Ordre mettra à sa disposition progressivement.

Il parait important que chacun demeure conscient pour accepter les changements éventuels et maintenir ses groupes professionnels, amicaux et familiaux sans les perturber. Il s'efforce de connaitre ce que l'Ordre tente de lui faire vivre. Il s'interroge sur des vécus intenses. Il met en pratique ce qu'il a reçu dans sa VIE QUOTIDIENNE. Chaque jour apporte une pierre au temple intérieur qu'il construit. L'Associé travaille quand il est disponible sur les documents qui lui sont remis officiellement et qui sont confiés à son honneur. L'Associé sera en règle avec lui-même, avec ses groupes sociaux, avec l'Ordre. Il est respectueux des lois humaines. Nous respectons les efforts de ceux qui ne ménagent ni leur temps, ni leur santé ou leur argent afin de permettre le développement des valeurs Martiniste. Nous rendons hommage aux activités des Ordres Martinistes, qu'ils soient synarchique, traditionnel, initiatique, rectifié, de Lyon, etc. qui permettent aux chercheurs sincères de trouver les éléments nécessaires à leurs besoins. Nous combattons pour que triomphe la cause de l'Amour, du Beau et du Bien...

TRAVAUX

Chaque associé se fixe une étude particulière correspondant à ses possibilités. Il commence un ensemble de recherches portant sur la compréhension du rite, des symboles, des textes de L.-C. de Saint-Martin, Papus, Sédir, etc. À ceux pour lesquels l'étude parait impossible, il reste la voie des œuvres vives et du dévouement à soi en premier point, à sa famille en deuxième point, à autrui en troisième point, à Dieu. L'altruisme est une fonction vitale par la solidarité et le partage. Elle se veut prudente et discrète.

SECTE ?

Rappelons que la fin du XXe siècle a su mettre en valeur quelques dérives sectaires dans une forme de totalitarisme contre la vie spirituelle. Les industriels et les commerçants de la spiritualité existent. Les personnes qui exigent d’être prises en charge dans un système absurde et destructeur aussi.

Le Martinisme de Papus est régulé par les lois sur l’association.

Les familles sont parfois inquiètes en ce qui concerne l'entrée d'une personne dans notre Ordre ; elles doivent savoir et comprendre que celui qui est admis parmi nous continuera de respecter ses choix antérieurs. La porte est basse et étroite à l’entrée, mais elle sera largement ouverte à ceux qui nous quittent. Les Martinistes papusiens sont des individus libres. Ils respectent la pensée d'autrui. Ils ne sont soumis à aucun tabou. Ces Martinistes se lient de leur propre et libre volonté à l'humanité et à la nature. Ils prennent conscience du caractère sacré de notre planète et des êtres vivants.  

RITUEL

Lors d'une assemblée, seuls, les Martinistes sont acceptés. Les initiations se reçoivent selon le mérite ou les nécessités de fonctionnement. Le temps écoulé et l'ancienneté n'ont aucune valeur. Un Martiniste reste discret, soit pour solliciter, soit pour donner.

Le bon sens, la générosité, la fraternité et l'amour règnent sur un Martiniste plus que les règlements ou la loi Martiniste. 

PRIÈRE

Le premier jour de chaque mois, à 21 heures, heure de Paris, là où le Martiniste se trouvera, seul ou en société, il se mettra en rapport discrètement par la pensée avec son temple. Il s'unit par l'esprit à tous les Martinistes disséminés sur la surface de la Terre. Il prie en un centième de seconde en public sans que ceux qui l'entourent puissent se rendre compte de ce qu'il fait. Il prie comme il en ressent le besoin, s'il est seul ou entouré d’amis. 

Il peut se connecter à la chaine Martiniste chaque matin à 8 H et chaque soir à 21 H. 

SYMBOLES

Sur le parcours du Martiniste, j'ai rencontré quelques « symboles ». Je les ai approchés sans leur donner une importance incontournable. Ils étaient présents comme des outils, comme des personnes dignes d'intérêt. Ils me fournissaient des informations sur le parcours effectué.